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Hassina Oussedik est la directrice d’Amnesty International Algérie. Dans cet entretien, elle revient sur le rapport annuel de l’organisation qui a été publié ce mercredi 22 février.

Dans votre rapport annuel, vous enregistrez de nombreuses poursuites judiciaires et des condamnations contre des manifestants et des défenseurs des droits de l’Homme. Est-ce que la situation des droits humains s’est dégradée en Algérie en 2016 ?

En effet, la situation des droits de l’Homme, notamment les libertés d’expression, de réunion et de manifestation, est toujours aussi préoccupante sans que l’on puisse noter une avancée notable pour la société civile, durant ces dernières années. L’État algérien maintient et applique des lois qui pénalisaient la parole, les écrits et d’autres formes d’expression pacifique, les commentaires sur les réseaux sociaux, considérés comme critiques, offensants ou insultants à l’égard des autorités, des symboles ou de la religion. Les manifestations sont réprimées et l’interdiction de manifester à Alger n’est toujours pas levée. Les défenseurs des droits humains, journalistes, simples citoyens continuent d’être la cible de menaces, de harcèlement ou de poursuites judiciaires. On ne peut que constater une volonté ferme des autorités algériennes de réduire au silence toute parole qui critique les autorités.

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Est-ce que vous notez certaines avancées notamment avec la révision de la Constitution et de certains textes ?

L’un des faits marquants de l’année 2016 a été la révision de la Constitution qui contient de nombreuses références concrètes aux droits humains. Malheureusement, ces garanties aux médias n’ont pas été accordées aux simples citoyens, comme des blogueurs, qui risquent l’emprisonnement pour l’expression de leurs opinions sur Internet. En la matière, nous ne constatons aucune évolution sur les libertés d’expression malgré les demandes des associations nationales, d’organisations internationales ou les recommandations du rapporteur spécial des Nations unies sur les libertés de réunion et de manifestation


Comment expliquez-vous cette contradiction ?

La Constitution comporte des garanties. Cependant, certaines références sont conditionnées à des lois nationales au lieu de prévoir des garanties constitutionnelles claires et dépourvues de toute ambiguïté. Bien souvent, c’est bien les lois nationales qui constituent en soi un problème pour les droits humains. Ainsi, pour reprendre la liberté des médias, celle-ci pourrait être limitée par des considérations tel que le « respect des constantes et des valeurs religieuses, morales et culturelles de la Nation » contenues dans la législation nationale.

Vous avez rappelé dans votre rapport l’expulsion des migrants en décembre dernier. L’Algérie est un pays peu accueillant pour les migrants subsahariens ?

On regrette que la Constitution n’ait pas intégré des garanties de protection car en Algérie, le statut de réfugié n’est toujours pas reconnu dans la législation algérienne. En absence de statut légal, ils sont dans une situation fragile et ne bénéficient pas des droits fondamentaux, tels que le droit au travail ou leurs enfants au droit à l’éducation. Le ministre des Affaires étrangères a exigé de l’Union européenne, à juste titre, que les Maghrébins vivant dans cet espace ne soient discriminés en raison de leur nationalité ou de leur religion. Nous nous devons également de traiter avec respect et dignité toute personne étrangère vivant en Algérie, particulièrement les Africains car, n’oublions pas que nous sommes africains.

Les migrants et les réfugiés souffrent de discrimination ?

Malheureusement, ils peuvent faire l’objet de propos racistes de la part d’une partie de la population. Au moment des expulsions, des propos racistes ont été publiés dont notamment du président de la Commission nationale consultative des droits humains afin de les justifier. De plus en plus de dirigeants politiques tiennent des discours de peur et de haine. Les sentiments d’insécurité et d’exclusion qui découlent de facteurs tels que le chômage, l’extrême pauvreté, d’inégalités croissantes, les dégâts environnementaux exigent des gouvernements qu’ils changent de politiques plutôt que de désigner des boucs émissaires faciles.

La déclaration de Farouk Ksentini vous a choquée ?

Bien sûr ! Cette déclaration est choquante car elle émane du président de la Commission consultative pour la protection et la promotion des droits de l’Homme, dont la mission est de protéger les droits humains pour les nationaux et les étrangers qui vivent en Algérie, sans aucune discrimination. Par conséquent, ces propos sont scandaleux !

 

Source

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تونس الجمهورية التونسية 
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